LES CHAMOIS DU NIVOLET

 

Un peu de VOUS, beaucoup pour la VIE
Mercredi 24 juin 2009


Après avoir grimpé les cols de
la NOVE COLLI en mai, je me retrouverai vendredi avec Eric à LOCMARIAQUER (56) sur la ligne de départ du Tour du Golf du Morbihan. Le programme est simple, rallier Port Crouesty au terme de 177km de sentiers et petites routes en moins de 44h. Le délai important diminuera la pression horaire que l’on peut connaître sur d’autres épreuves (Spartathlon..) mais ce n’est pas pour autant gagné. On va pouvoir juger de notre potentiel de récupération après la Nove Colli du 23 mai, je ne doute pas de celui d’Eric, quant à moi ??

Nous allons retrouver nos amis nantais, Thierry et Ronan avec lesquels on partagera ces moments intenses de course à pied. Ensuite viendra le temps des vacances sur la presqu’île de CROZON, nous avons commandé le soleil !!

Bonnes vacances à tous

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Mercredi 24 juin 2009

Le trail du MERCANTOUR réunissait ce week end plus de 500 coureurs venus se faire plaisir sur les 86 km tracés aux portes de la vallée des Merveilles. Malheureusement ce grand rendez-vous des passionnés de course nature a tourné au drame avec la mort de 3 coureurs.

Des conditions météorologiques exécrables, orage, vent violent, brouillard et neige se sont abattues sur la course en fin d'après midi rendant la progression des traileurs difficiles.

3 participants (2hommes et 1 femme) ont à priori chuté vers la cime du Piagu à 2300m d'altitude et sont décédés. Leurs corps n'ont été retrouvés que dimanche après midi, parmi eux, Philippe BURDIN coureur chambérien. En attendant les conclusions de l'enquête, toute la communauté des coureurs est sous le choc. Les chamois du NIVOLET présentes toutes leurs condoléances aux familles des disparus.

On assiste actuellement à une escalade des difficultés proposées aux coureurs sans pour autant mettre en face toute la sécurité nécessaire. Pourquoi toujours vouloir rajouter de la distance, du dénivelé, le plaisir de courir n'est pas forcément synonyme de difficulté.

La plupart des épreuves sont rallongées pour être qualificatives à l'UTMB, le business de cette épreuve a considérablement modifié l'esprit trail.




 

Ce trail a été remporté par Sébastien CHAIGNEAU et Nicolas DARMANIACQ en 11h.

Bruno, notre chamois de l'Epine, laissait échapper la 4ème place à quelques km de l'arrivée suite à erreur de parcours et terminait 5ème en 12h10 et 1er V1.Bravo pour cette belle performance, maintenant repos avant d'attaquer fin août les 100km de la TDS et fin octobre les 125km La grande Traversée de l'Ile de la Réunion. Beau programme en perspective.

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Vendredi 29 mai 2009

 

    interwiew du  28 mai réalisée par Christophe Rochotte

 

 

28/05/2009


ULTRA - NOVE COLLI RUNNING
Eric Derivaz, un Savoyard au sommet

Au départ existait la Fausto Coppi, une cyclotouriste destinée à célébrer la mémoire de cette gloire italienne du vélo, deux fois vainqueur du Tour de France et originaire de Cesenatico, une cité balnéaire romagnole baignée par l’Adriatique et située à 5 km au nord de Rimini. Un événement qui le 3ième week-end de mai rassemble plus de 8000 adeptes de la petite reine, prêts à affronter une boucle de 200 km, qui les mène au cœur de cette magnifique région montagneuse. Parmi eux, Mario Castiglioni également ultrarunner eut l’idée d’inviter les coureurs de l’extrême à emprunter ce parcours le même week-end. Mario ne pouvant intituler cette épreuve Fausto Coppi Running, il lui l’a nomma tout simplement Nove Coli Running, en référence aux 9 cols qui parsèment le parcours. Un circuit détonnant cumulant une dénivelée positive avoisinant les 4000 mètres. Cette année dans des conditions dantesques, liées à la chaleur, Eric Derivaz, un vétéran de la Transe Gaule l’emportera en 23h16’.

Tes motivations relatives à courir la Nove Coli ?
Je l’avais déjà courue en 2007 et j’avais fini loin en 28h30’. Je pensais que ça allait me servir de ticket pour le Spartathlon, où j’avais renoncé au 165ième km. J’avais été déçu de n’être pas passé. Après 22 heures d’effort à 5 heures du matin, je n’arrivais plus à alterner course et marche. Je me traînais. Or, c’était juste avant d’attaquer la montagne et là, j’avais craqué. Par rapport au règlement, je disposais de 30’ pour me hisser en haut de ce col, mais j’ai manqué le cut pour 2’ et j’ai été éliminé. Une fois remis de cet échec, j’ai compris que je n’étais pas  passé, parce que je ne savais pas gérer la nuit et j’ai alors décidé de rectifier le tir dans ma préparation et de participer à des 24 heures. Une bonne école. Depuis, je ne fais que progresser et les nuits passent de mieux en mieux et je me sens de plus en plus incisif. Le 1er Mai, lors du Championnat de France des 24 heures à Séné, j’ai porté mon record à 202 km. Donc, une fois de plus la Nove Coli rentrait dans le cadre de la préparation du Spartathlon 2009.

Et cette Nove Coli, comment l’as-tu préparée ?
A l’entraînement, j’ai fait du quantitatif et du qualitatif, en mettant l’accent sur les séances au seuil. Aussi cet hiver, j’ai participé à la saison de raquettes. Je fais partie du team Inouk. Les compétitions s’étalent de décembre à mars. J’ai décroché le titre de champion de France master et j’ai gagné la coupe de France. Ensuite, de retour à la course j’ai enchaîné des semaines de 95 à 130 km. Plus des compétions, avec pas mal de trails et les 24 heures de Séné.

En quoi la Nove Coli te fascine-t-elle ?
Savoyard, j’aime bien le dénivelé. Là, il est pratiquement de 4000 mètres en positif. En plus, ce parcours est magique et j’apprécie l’ambiance de cette épreuve. Au niveau des ravitaillements, il faut insister sur la gentillesse des bénévoles. A cela s’ajoute le brassage avec les cyclistes. Quand ils m’ont rattrapé, ils n’ont pas cessé de m’encourager à coups de forza et triple bravo. Enfin durant cette course la solidarité entre les coureurs n’est pas un vain mot. Normalement, je pensais faire une course d’équipe avec Thibault Cahez. Mais au fil des kilomètres, eu égard à mes sensations, je suis parti et je me suis retrouvé seul sans assistance. Pour ceux qui viennent en solo, l’épreuve se court en semi autonomie. Il n’y a pas de ravitaillements installés tous les 3 km comme aux Spartathlon, par exemple. Ils sont placés environ tous les 25 km et la veille de la Nove Coli, on peut faire acheminer à ces points, des vêtements, ou encore de l’alimentation spécifique. Moi, qui concevait de partager l’assistance de Thibault, je n’avais évidemment pas songé à user de cette possibilité et entre les ravitaillements, je me suis retrouvé sans rien. Heureusement la solidarité a joué. Lorsque j’ai demandé à boire ou à manger à des assistants de coureurs, ils m’ont toujours dépanné avec le sourire. Au cours de l’ascension du dernier col au 175ième km, je me suis même arrêté dans une ferme, pour demandé de l’eau à un paysan. Et dernier point crucial, les ravitaillements étaient complets et vraiment adaptés aux coureurs, avec tout ce qu’il fallait : des pâtes, de la soupe, des boissons chaudes et fraîches…

Les conditions météos étaient-elles adaptées à ce type d’effort ?
Tout le monde a souffert de la chaleur. Moi, qui d’habitude ne crains pas le chaud, jamais je n’avais connu ça. Il faisait pratiquement 40°. J’en ai vraiment bavé dans les 20 derniers km. J’avais beau veiller à bien m’hydrater, à bien m’alimenter et à bien m’asperger d’eau, je redoutais l’insolation, voir l’hyperthermie. Mais comme je menais la course, cela m’a porté. Je ne voulais pas lâché.



Et comment s’est déroulé ta course couronnée de succès ?

La course est partie samedi à midi. Normalement, durant les 20 premiers km on ne doit pas courir à plus de 10 km/h, ceci afin d’éviter que l’on parte trop vite, mais d’entrée certains n’ont pas respecté ce rythme. C’est ridicule, parce que le départ officiel n’est donné qu’à 14 heures au 20ième km. Donc, ils doivent attendre et ont dépensé de l’énergie pour rien. Ensuite, une fois 14 heures, chacun est libre de progresser au rythme qu’il désire et selon moi, c’est reparti trop vite une fois de plus. Au fil des kilomètres j’ai senti que les jambes étaient là et j’évoluais à l’aise. En haut du 4ième col au 84ième km, je suis revenu sur le 3ième. Puis la nuit s’est bien passée et j’ai pris la tête dans le 9ième col, soit le dernier situé à 25 km de l’arrivée.

Une fois seul en tête, qu’as-tu ressenti ?
D’abord, j’ai été surpris. Je ne connaissais pas les écarts avec le leader. Jamais, je n’aurais pensé revenir. Du départ, jusqu’à ce que je prenne la tête, j’ai fait ma course sans me préoccuper des autres et à mon rythme. Jamais je ne me suis dit, il faut que tu ailles chercher ceux qui te précèdent. Cependant, une fois devant ça m’a blindé. Je me suis dit qu’il ne pouvait plus rien m’arriver et cela ma redonné du peps. Malgré tout, il me restait quelques sensations et j’ai pu dérouler correctement dans la dernière descente, jusqu’au 190ième km. Et à l’entrée de Cesenatico, les membres de l’équipe qui couraient la Nove Coli en relais ont décidé de terminer les derniers km ensemble et ils m’ont accompagné. Là, j’ai vécu un moment de bonheur intense. J’ai repensé aux entraînements, aux copains du club et à ma préparation qui a payée. Et dans la dernière ligne droite, je me suis senti emporté par la foule. C’était magique, jouissif même. Ce d’autant plus, que je n’ai pas l’habitude de vivre ça. Il s’agit de ma première grande victoire. Franchement, vu mon potentiel et mon entraînement, je ne pensais pas pouvoir gagner. Au départ, sur le papier étaient inscrits des gars plus forts que moi et titulaires d’un palmarès impressionnant. J’ai été surpris, qu’il y ait autant de casse.

As-tu célébré cette victoire ?
Une fois la ligne franchie, grisé par la victoire je ne ressentais pas la fatigue, mais à peine rentré à l’hôtel tout s’est relâché et j’ai vécu des heures pénibles. Mais, mercredi soir avec les amis et la famille, on a fêté ma victoire et on en a profité pour manger le jambon, qui m’a été offert.

Et maintenant ?
Je vais m’inscrire dans la continuité. Il y a eu Séné et la Nove Coli. Maintenant, va bientôt se présenter le Raid du Golfe du Morbihan. Tout ça afin d’aborder le Spartathlon le mieux préparé possible. Cette victoire galvanise ma confiance et ma détermination. Surtout qu’entre 2007 et 2009, j’ai modifié ma préparation.

Christophe Rochotte

 

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  • : 14/01/2008

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