Il est 10h13, les 144 « convives », retranchés derrière la banderole dressée au centre du Bourg, s'impatientent, il ne reste plus que de 2 minutes avant le départ.
L'excitation est à son comble, quand un coup de pistolet retentit, libérant ainsi une masse compacte, dévalant sans interruption les rues étroites et sinueuses du centre
ville.
Il nous faut rejoindre à présent le stade de "la Derf" où le parcours officiel de ces 24h a été tracé. Le circuit de 1345m est à la hauteur de ce championnat de France, usant, exigeant, qui sans conteste vous dépouille insidieusement de votre substance.
Je me rends compte très vite qu’il va faire énormément de dégâts si on le sous estime, le provoque en ..........duel.....!........EN BASKET.........!
Il nous faut nous connaître, nous apprivoiser l'un et l'autre, sur un parcours trompeur fait de faux-plats montants, son revêtement implique des appuis hasardeux, forçant à changer de trajectoire à tout moment.
Un combat permanent, sans grand répit, toujours à l'attaque, voilà en quoi se résume le circuit.
Les heures passent, les kilomètres défilent sous une chaleur devenue écrasante. Il me faut consommer mes bidons régulièrement pour ne pas risquer la déshydratation et me rafraîchir à tout prix....!
Le bilan à la mi-course est plutôt positif, tout "les voyants sont aux verts", reste à conserver maintenant cette allure, alternant course et marche jusqu'à l'aube.
Mais s’est sans compter sur une "hypo" déstabilisante à un moment "clef" de la course. En effet, enchaînant les tours "appuyés"d'un coureur, le tempo cadencé s’est avéré subitement trop rapide pour moi. J’ai subi, sans la voir venir, à cet instant crucial de la course, une défaillance physique. Ronan me sera d'un grand secours pour me requinquer et me changer, mille fois merci à toi Ronan, tu auras été mon sauveur!
Plus de peur que de mal! Me voilà reparti, songeant à ce qui venait de se passer, encore une leçon à retenir!
Le jour se lève, avec son lot de mines affables, fatiguées et creusées.
Je décide de porter" l'estocade du matin" m'aidant pour cela d'une arme redoutable : la motivation, le mp3 !
En moins de 23 heures de course, les 200 kilomètres sont franchis! Pari réussi ! Les yeux humides, concentré sur la fin de l’épreuve, je ne relâche rien, bien déterminé à en découdre avec ce "maudit circuit".
Quand soudain, le coup de pistolet retentit et met fin à 24h de durs combats. Contre soi! Et contre les autres! Pour afficher au bout du compte, 206 kilomètres.
Je rejoins l'arrivée, congratule, félicite et embrasse mon ami Thierry, heureux d'avoir "tordu le coup"à ce fameux championnat de France de 24h.
SENE QU'UN AU REVOIR!
Eric
Mon ami Titi VIAUX