Texte Libre

Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /Sep /2009 21:40
 

 

TDS: Sur les Traces des Ducs de Savoie, un intitulé qui en dit peu et beaucoup à la fois.

 

Beaucoup : Parce qu’il y a tout d'abord le côté historique, avec les deux Savoie et le val d'Aoste qui comptent parmi les provinces ayant durablement fait parties des états de Savoie. Puis il y a la montagne bien sûr, avec le massif du Mont Blanc aux sommets mythiques et historiques pour les alpinismes ainsi que le Beaufortain à la fois sauvage, bucolique et d'une beauté incomparable. Une course où se mêlent donc la montagne et l'histoire avec un tracé qui a été immédiatement pour moi une source d'inspiration et de motivation.

 

Peu : Car ce tracé se révélera plus "coriace" que ne le laissait apparaître le trait rouge sur la carte IGN (lorsqu'il existait), car certains passages étaient dépourvus de chemins.

 

Après le grand raid du Mercantour en juin dernier, j’ai attaqué une nouvelle grosse préparation en juillet et août, conjuguée avec mes aller et retour à Paris (j'ai accepté une mission à Paris Montparnasse jusqu'en décembre).

Le 20 août, je me suis retrouvé à Chamonix accueilli par Laurence et Thibaud qui passaient quelques jours de vacances sur place.



Après une nuit écourtée par un réveil matinal (3h30), je me lève du bon pied, bien décidé à en découdre avec cette course de 106kms et 6600m+. Mon objectif, une fois de plus, n'est pas de me "tirer la bourre" avec les autres coureurs mais de prendre énormément plaisir.




Ces courses sont trop difficiles pour jouer aux coudes à coudes, et à ce jeu là je suis certain "d'aller au carton".

Je m'aligne donc sur la ligne de départ avec l’intention de respecter mes prévisions horaires me conduisant, sauf défaillance, à Courmayeur en 15h30, soit une arrivée programmée vers 20h30, pile avant la tombée de la nuit.

Le départ est donné à 5h précise sous une pluie fine qui me fait penser à celle du nord de la France, où j'ai mes racines. Le départ en trombe de plusieurs coureurs me fait plus sourire que m'inquiéter. Un petit coucou à Thibaud au passage, qui a eu le courage de se lever  pour applaudir les vaillants coureurs de cette TDS.

Nous voici donc partis le long de l'Arve pour quelques km en sous bois. Je m'accroche sur cette section à un petit groupe mais l'allure est un peu trop soutenue pour moi, en plus la lampe que j'ai emmenée me procure un petit souci, je n'y vois rien!

Mais bon ce n’est pas très long et une fois sorti du bois je n'aurai plus beaucoup besoin de lumière. Du coup je passe avec 5' d'avance sur mon horaire aux Houches (je me serais bien arrêté acheter un croissant tellement l'odeur était présente dans les rues), ce sera pour une autre fois.

Le col de Voza m'attend avec ses pentes toujours aussi raides et j’ai 8' d'avance au sommet sur mes prévisions. Il est temps de se calmer et de revenir à un rythme plus raisonnable car la suite s'annonce très difficile (je parle en connaissance de cause car il y a un mois, jour pour jour, j'ai reconnu le parcours dans son intégralité).

L'ascension du Mont Joly (2525m), avec ses pentes à 20%, se fait dans le brouillard. Une fois le sommet dépassé, c'est avec la plus grande prudence que j'aborde les 8km de crêtes où le vide est omniprésent.

La moindre chute serait fatale (je repense au drame du Mercantour où 3 personnes ont trouvé la mort dont Philippe Burdin que je connaissais).

La suite se déroule avec la même sérénité, je suis dans ma bulle et je profite du paysage puisque le soleil a fait son apparition.

J’augmente petit à petit mon avance et commence à remonter dans le classement.

Que ce parcours empruntant les cols de la Fenêtre, du Bonhomme, de la Sauce et le Cormet de Roselend est beau et sauvage.

Ce n'est qu'une succession de montées / descentes, pas très longues mais techniques et à plus de 2000m d’altitude. Il vaut mieux les aborder avec humilité car vient ensuite le fameux passeur de Pralognan (passage clé de la course à 2567m) avec les derniers 150m de dénivelée dans une barre rocheuse.

Depuis le col de la Forclaz, le panorama est tout simplement magnifique mais la descente sur Bourg St Maurice (8km pour 1600m de D-) s’avère terrible pour les cuisses.

La suite est beaucoup plus facile, il ne reste plus que 39km pour 2000m de D+ avec les 1400m de montée du col du Petit St Bernard.

Dans cette ascension, je rejoins Benoît De Préville  avec qui je sympathise. Il y a comme ça des coureurs, sans que l'on sache pourquoi, avec qui l’on se sent bien. Ensemble nous allons gérer la fin de course en discutant de tout et de rien.

A  Pré St Didier, 5kms avant Courmayeur, Annick m'attendait, ça fait du bien de la revoir et nous nous donnons RDV 40' plus tard sur la ligne d'arrivée. Elle me dit: « n’allez pas trop vite quand même que j'ai le temps d'arrivée !! ».

Accompagné de Benoît et de ses enfants, nous arrêtons notre chrono à 20h11 après 15h11 de course. Nous tombons dans les bras l'un de l'autre contents de notre 6ème place.



C’est la fin d'une nouvelle et belle aventure que je termine à la  3ème marche du podium V1H.

 

Bruno

 

 































Par les chamois du NIVOLET - Publié dans : COMPETITIONS
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