Partager l'article ! Interview exclusive avec Sébastien CHAIGNEAU: Le 22 janvier 2012 PATRICE BRAEMS : ce texte a é ...
Le 22 janvier 2012
PATRICE BRAEMS : ce texte a été enregistré et vous est proposé dans son intégralité sans aucune modification.
Préambule :
Nous Voilà aujourd’hui en compagnie de Sébastien Chaigneau qui nous accorde un moment privilégié en répondant à quelques questions à destination des Chamois du Nivolet mais aussi à tous ceux qui utilise notre blog et l’action menée par l’association.
C’est dans le cadre de la journée « COURIR ET DECOUVRIR » organisée par notre ami Philippe DELACHENAL, et en souvenir de notre compagnon WERNER SCHWEIZER disparu récemment qu’a été organisée cette très belle journée.
Sébastien repondra de manière très spontanée avec un sourire qui en dit long sur son plaisir d’être là et l’œil qui pétille. Je ne vous cache pas que mon cœur bat la chamade à avoir le privilège de partager ce moment unique avec ce monument de la course de montagne.
PB : Tout d’abord, bonjour « SEB » et merci de nous accorder un peu de ton temps.
SB : Bonjour,
Ma première question sera : Sébastien Chaigneau aujourd’hui au milieu de coureurs lambda : pourquoi ?
SB : et bien déjà pour Werner qui était pour moi quelqu’un d’absolument fabuleux, un chef de file de la course nature et c’était vraiment un ami avant tout.
Son départ, n’est pas un départ total, je sais que moi je l’emmène avec moi un petit peu partout. Nous avons appris son départ alors que nous étions en Australie et depuis ce jour, il ne m’a pas quitté…il m’a bien aidé sur l’UTMB cette année donc c’était logique aujourd’hui de venir lui rendre hommage.
PB : c’est donc bien dans l’esprit qu’était organisée cette journée par notre ami commun Philippe. Y aurait-il une chose ou une phrase que tu retiendrais d’abord de cette journée et ensuite et de notre ami Werner
SB : alors une phrase, le parcours d’aujourd’hui était vraiment très très beau, un très joli parcours de découverte qui n’est jamais trop trop dur avec beaucoup de relance, très sauvage.
Par rapport a Werner, c’est le fait qu’il nous manque un peu, qu’on l’aura toujours au fond de nous, au fond du cœur et qu’on le garde au fond de nous et qu’on l’aime comme il était. On le transporte, on court encore avec lui mais je pense que là-haut il court encore beaucoup et un jour on ira le rejoindre pour reprendre à trottiner encore avec lui.
PB : effectivement, nous n’avons pas l’impression qu’il nous a quitté, en tout cas aujourd’hui, c’est quelques chose d’assez fort.
Tu as couru aujourd’hui un bon moment avec Jean-Hugo Hoareau, peux tu nous expliquer comment s’est passé votre collaboration sur le parcours.
SC : oui, nous avons passé un bon petit moment ensemble, on s’est perdu ensemble aussi d’ailleurs (rire) à cause d’un petit débalisage sauvage mais rien de bien méchant, on est allé visiter d’autres secteurs (!!!). Ca nous a permis de faire connaissance car c’est vrai que l’on ne se connaissait pas et puis c’est vrai qu’on a continué un petit peu chacun à notre rythme puis on a fini, pas tout a fait ensemble mais quasiment ensemble..notre sortie m’a permis de retrouver un peu le soleil de la Réunion et de la diagonale dans les discussions donc c’est sympa.
PB : Jean-Hugo Hoareau, les Chamois du Nivolet, est-ce que c’est une association que tu connais ?
SC : oui bien sur, c’est une association que je connais, comme j’en connais pas mal sur le secteur…ce qui est bien c’est de ne pas courir seul, les regroupements sont des moments plus sympa à passer ensemble, c’est plus motivant pour s’entraîner. Je sais que moi je suis assez seul à ce niveau là et c’est plus amusant, ça permet de discuter et de passer les kms plus rapidement et très tranquille quoi.
PB : justement, à ce niveau là, j’aurais voulu te préciser ou te l’apprendre, c’est que tu as en commun avec notre association cette générosité. Nous avons un dicton : un peu de soi, beaucoup pour la vie…tu as aussi, cette générosité en toi : qu'elle soit dans l’effort ou dans la gentillesse, la preuve en est, cette interview que tu nous accordes…ca te parait pourtant normal..
SC : ben…ouai….
PB : ….oui, mais cette générosité te distingue quand même pas mal des autres coureurs, nous t’en sommes vraiment très reconnaissants au titre des Chamois bien sur mais aussi au titre de l’ensemble des traileurs, ne serait-ce que part ta présence aujourd’hui avec nous. Ma question est donc : comment vis-tu cette notoriété qui est énorme et qui te laisse humble malgré tout.
SC : je pense qu’il faut rester humble par rapport au terrain de jeu, par rapport à la montagne,
Par rapport à tout ce qui nous environne, par rapport aux autres aussi, il y a des jours avec ,des jours sans : il faut rester lucide. Moi, le seul objectif que j’ai par rapport au trail, mis à part le fait de prendre du plaisir, c’est de faire sortir de l’anonymat cette activité sportive parce que les gens dépensent énormément d’énergie, passent énormément de temps sur les sentiers pour acquérir une certaine expérience et pour se faire plaisir. Maintenant ce que je regrette le plus, c’est ….(.il marque un long moment de réflexion…) que ce soit plus médiatiser n’est pas le mot, mais tout au moins plus reconnu du sport en France et dans le monde. C’est une activité où il faut passer énormément de temps à l’extérieur. C’est celà la seule motivation, évidemment, mis à part, la famille, les animaux, l’environnement et les rencontres. C’est pour cela qu’il faut savoir rester humble et lucide même si j’ai la chance de pouvoir en faire mon métier. Mais j’essaie d’en faire profiter autant que possible, cela permet de voyager, de provoquer des vibrations, nous l’avons encore vécu cette année sur le Mont Blanc, elle génère et fédère les gens et c’est bien ça le plus important.
PB : et bien voilà, on retrouve à nouveau ta gentillesse, ta disponibilité.
Et maintenant, sur le plan sportif, quels sont tes objectifs ?
SC : en terme d’objectifs, je reste aussi assez lucide, il faut que chaque jour et chaque entraînement reste un nouvel objectif et qu’en terme de course, je vais avoir 4 objectifs principaux avec les quelques épreuves qui s’intercaleront :
La Transe Grande Canarias aux iles Canaries
UTMF :L’ultra trail du Mont Fuji (sponsorisé par the North face)
UTMB : Ensuite le tour du Mont Blanc, bien sur
Puis à SAN FRANCISCO pour la finale du challenge North face
Voilà les grandes lignes de ma saison, bien sur sans blessure et sans soucis particulier. Mais bon, faut savoir aussi s’écouter de temps en temps.
PB : merci beaucoup SEB,
Si tu avais une dernière phrase, quelque chose à ajouter, une question que je ne t’aurais pas posée, que souhaiterais-tu nous laisser comme message ?
SC : le seul message que je pourrais vous laisser c’est prenez du plaisir, tout le reste, ce qui est résultat etc.…reste anecdotique. Si vous prenez du plaisir, votre course est obligatoirement gagnée, votre entraînement est obligatoirement gagné.
Après : PRENEZ DU PLAISIR, c’est tout
PB : et bien voilà, nous venons de nous trouver un second point commun : prendre du plaisir.
Merci encore Sébastien de nous avoir accordé ce long moment d’interview
SC : merci à vous et à très bientôt sur les sentiers