Le blog des chamois du NIVOLET

Voici le CR de notre ami, supporter et peut-être un jour chamois, Ronan le nantais.

 

Sur les traces du loup aux pieds verts

 

 








Cet ultra trail s’est déroulé le 14 novembre dans les monts d’Arrées au cœur du Finistère. Un parcours long de
92 km et rendu encore plus difficile en raison d’une météo où les éléments se sont déchainés durant toute la course. Les organismes des 41 traileurs au départ ont été malmenés durant de longues heures.

Vendredi 13 novembre, 21 heures je retire mon dossard. Je retrouve quelques coureurs déjà arrivés. Je discute un peu avec Stéphane Madec, créateur de ce tracé fou, Christian Efflam et Gérard Denis.

A l’extérieur, c’est la grosse tempête et la pluie  ne cesse de tomber. Il est 22 heures et nous pensons aux ouvreurs qui viennent de partir pour une reconnaissance complète du circuit.  

1H30, c’est l’heure du petit déjeuner. J’ai peu dormi car j’avais une oreille à écouter toute cette pluie qui tombe. Tout le monde est là et on commence à parler de ce qui nous attend.

Je vérifie une dernière fois mon matériel et le sac de  rechange que je prévois pour le Km 46. Stéphane nous fait un briefing avant d’embarquer dans le car qui nous conduit sur le lieu de départ.  

Arrivée sur le site, une marche de 5 minutes nous amène sur la ligne, au pied d’un château en ruine. Une banderole et des flambeaux nous accueillent.

 

 

 

 

Nous sommes impatients d’en découdre  et c’est à 3H50 que nous nous élançons façon Templiers, avec la musique d’Era.  

Dès le départ, la boue est omniprésente et je serpente dans les sous bois, les pieds déjà bien trempés. J’ai opté pour un départ très prudent. Les 23 premiers kilomètres se déroulent tranquillement, je suis le balisage « les yeux de loup » mis en place par Stéphane. Je rejoins un groupe de 4 coureurs  avec qui je ferai un bout de chemin.
Nous traversons une rivière et arrivons au premier ravitaillement au km 23.

Je ne m’attarde pas et reprends la route avec Pascal et Vivien.

Il commence à faire jour. En sortant de cette zone boisée je prends une route, rate une rue balisée et fais 2 kilomètres en trop. Revenant sur mes pas je retrouve mes compagnons de route et la encore, un doute nous habite. La tempête a fait des siennes, plus de balise. Nous entrons dans le massif Armoricain et l’ascension commence, le vent redouble de puissance et les pieds toujours dans l’eau.

En basculant en haut du mont, nous nous perdons à nouveau et faisons 7 kilomètres de trop. Il fait froid et la pluie a fait son apparition. Stéphane nous remet sur la bonne piste (merci le téléphone !). Nous sommes dans une zone de tourbière, les pieds dans l’eau, le vent de face ralentit notre progression. Il reste 7 kilomètres avant le ravitaillement. Le vent est encore plus puissant sur les hauteurs de Roc Trédudon. C’est épuisant.

Avant d’arriver à Botmeur, Km 46 pour le second ravitaillement nous avons le droit à 2 km d’asphalte …. Un vrai bonheur.

 













C’est un abribus qui sert de lieu de ravitaillement et un fourgon en guise de salle pour me mettre des vêtements secs. Je change de chaussures et de chaussettes, même si je sais que j’aurai les pieds encore mouillés très rapidement. Je mets également un nouveau T-shirt, de nouveaux manchons mais garde le coupe vent, le plastron et le même cuissard.

J’en profite pour refaire les niveaux du camel back, me restaure et refais le plein de pom’potes et de noix de cajou.

Un bon nombre de coureurs stoppe l’aventure à cet endroit pour cause de fatigue, blessure, lassitude et transis de froid

Il est temps de reprendre  la route. Je repars seul car Vivien et Pascal ont fait une pause moins longue.

Cette seconde  étape commence par la tourbière, surmontée de caillebotis où nous avons interdiction de courir. Une fois dessus on comprend parfaitement pourquoi.  C’est une vraie patinoire. Le vent nous pousse latéralement. Une fois cette zone de tourbière passée j’aperçois mes compagnons. Je les rejoins dans l’ascension du Mont St Michel de Braspart, qui est pour reprendre l’expression d’un coureur , une colline en forme de mamelon avec une chapelle en guise de téton. Le dénivelé est important avec toujours un vent incroyable et des chemins ruisselants de pluie. Arrivé au sommet, le vent est si violent que j’ai du mal à avancer et même à redescendre. Ce vent rend fou. Et continue à pousser à 100 km/h. Vivement la vallée ….

 










Une dernière montée sur le Tuchenn Kador culminant lui aussi à
383 m nous donne une vue imprenable sur le lac du Drennec, lieu du 3 ème ravitaillement au Km 69. J’entame la descente les pieds dans l’eau et sur un sol glissant. Il faut être prudent.

Un orage éclate et une  averse de grêle me  glace le visage.

Le tour du Lac sera plus agréable,  un sol plat, roulant.Ca fait du bien, le vent semble tomber et l’orage continue à gronder. Il est 14H30 et J’arrive au ravitaillement.
 

Pendant la pause de 10 minutes, j’en profite pour changer de chaussettes à nouveau, ainsi que les piles de mon GPS et comme à chaque ravitaillement 2 verres de coca et un verre d’eau pétillante. Il ne reste plus que 25 km, ça redonne du baume au cœur tout ça.

Juste avant de partir, j’entends un spectateur nous annoncer « vous allez en baver sur cette portion »!!!

J’ai bien compris la signification de ses paroles un peu plus tard. Je suis toujours en compagnie de Pascal et Vivien. Nous avons décidé de terminer ce merveilleux trail ensemble. Cela fait tout même près de 10h que nous partageons nos efforts.

Une fois de plus nous nous égarons à 2 reprises, pressés peut-être d’en finir et du coup moins vigilant sur le balisage…..résultat encore 2 km environ de plus !!

 

Une nouveauté sortie du chapeau du « loup », il s’agit d’un trail nautique. Une portion de 2 km marécageuse inondée. J’ai de l’eau jusqu’aux genoux par moment. La progression est à nouveau lente, je n’avais jamais vu un passage comme celui la. Je le trouve interminable.


 










La fin de la course approche et il reste alors
5 km. J’aborde un tronçon de route qui me permet de faire tourner les jambes, c’est très agréable. J’arrive encore à avancer à 9Km/H.

La nuit commence à tomber, je remets la frontale avant d’entamer le final du chef. : un dernier secteur marécageux et boueux celui là, à travers les bois. De la boue jusqu’aux genoux, je manque de perdre ma chaussure. J’entends un peu plus loin le bruit de voitures qui passent. Ca y est on arrive !!

Au bout du chemin un groupe de personne nous applaudit et un bénévole nous accueille  avec un « bienvenue à Sizun ». Ca fait chaud au cœur, il nous accompagne pour nous guider sur une partie du dernier kilo.
 

Un virage à droite et c’est l’arrivée très chaleureuse, applaudit par toute l’organisation. Je regarde mon chrono 14H45’ et 106 k m au compteur.

Les arrivants sont récompensés par un T- shirt de finisher et un superbe tableau de traileur en action, réalisé par un artiste du coin.

Nous sommes 41 coureurs + 2 ouvreurs à s’être élancés pour défier le loup et 26 à franchir la ligne d’arrivée.

 

 

 

Pour être finisher sur cet ultra trail, il fallait ce jour là « être présent », et surtout être bien en forme et avoir une sacrée détermination. Il m’a aussi permis de connaître  mon niveau physique au bout de 15 heures de course. C’est une nouvelle étape pour 2010 et de bonne augure.

 

Bravo à tous les coureurs, qu’ils aient réussi ou tenté de défier le loup.

  

Je remercie Steph Madec pour l’organisation de ce trail, ainsi que l’ensemble des bénévoles sans qui cette  course ne pourrait avoir lieu.

 

 

 

                                                                  KENAVO

 

                                      RONAN (dit Ronan le nantais)

 

 

 

 

Sam 21 nov 2009 1 commentaire
Bravo Ronan, tu as franchi un cap dans la durée, de bonne augure pour l'endurance Trail 2010
TIBO - le 22/11/2009 à 08h52